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La lumière du Thabor


Le Carême consiste en une montée progressive vers un point élevé (géographiquement et spirituellement) : lieu traditionnellement évoqué pour signifier la relation avec la divinité, l’Alliance entre Dieu et son Peuple .


Le sommet de cette montée est Jérusalem, ville culminant à près de 900 m d’altitude, et c’est là que se situe l’évènement pascal pour les chrétiens : la mort et la Résurrection du Christ.


Il n’est donc pas étonnant que le Carême nous soit proposer comme une montée vers Jérusalem, à l’instar des pèlerins, qui accomplissait ce parcours plusieurs fois l’an pour se rendre au Temple y offrir des sacrifices. Jésus lui-même accomplira plusieurs fois ce pèlerinage : une fois avec Marie et Joseph, vers l’âge de 12 ans, et plusieurs fois avec ses apôtres, l’ultime fois lorsqu’il y souffrira sa Passion.


Cette montée inspire plusieurs autres ascensions : celle du Sinaï avec Moïse, ainsi que celle du mont de la quarantaine au environs de Jéricho, lieu traditionnel des tentations de Jésus au désert : c’était l’Evangile de dimanche dernier.


L’Evangile de ce dimanche nous conduit sur une haute montagne : celle de la Transfiguration, traditionnellement située en Galilée, entre Nazareth et le lac de Tibériade : le mont Thabor. D’autres exégètes situent cette manifestation de la gloire du Christ sur le Mont Hermon, situé plus au nord. La mention des vêtements blancs comme la neige renvoie peut-être aux neiges éternelles qui couronne cette chaîne montagneuse.


Mais revenons au mont Thabor. Il s’agit d’un mamelon surgissant au milieu de la plaine d’Israël. C’est une curiosité géologique. Cette montagne est visible de partout et fait penser à un point de repère pour celui qui voyage. En vue du mont Thabor, on sait qu’on n’est pas loin de Nazareth, de Cana, de Naïm, du lac de Tibériade.


C’est pourquoi, au cœur de son ministère galiléen, Jésus invite trois de ses disciples à gravir cette montagne pour y être transfiguré. Il préfigure ainsi l’autre montée qu’il va accomplir avec ses même disciples au soir de sa passion, celle du mont des oliviers, à l’est de la ville sainte. Aussi faut-il faire attention, une montagne peut en cacher une autre : du Tabor au mont des oliviers, et du mont Sion à la colline du Golgotha, c’est toute l’expérience de la vie avec le Christ, celle du disciple qui est ainsi signifiée. Mont d’épreuve et mont de gloire, ascension pénible et vue imprenable au sommet, neige et soleil en hiver, sources et torrents en été : telle est la vie du chrétien à la suite du Christ. Au cours heurs et malheurs de l’existence, le disciple contemple à la fois le crucifié et le ressuscité. Au cœur de ses épreuves, il reconnaît le charpentier de Nazareth qui a partagé son labeur, le confident qui marche à ses côtés, celui dont la Passion et la Résurrection éclairent et transfigurent jusqu’à ses épreuves.


La présence de Moïse et d’Elie renvoie aussi à deux autres montagnes : celle des dix commandements avec Moïse : le Sinaï, et celle de la pluie bienfaisante de la grâce : le Carmel avec Elie.


En parcourant ce temps du carême, puissions-nous être illuminés de la splendeur du Thabor, et monter vers Jérusalem, « les yeux fixés sur Jésus-Christ » comme nous le fait chanter l’antienne liturgique d’invitatoire.


frère Bernard-Marie Cerles.


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