• Facebook
  • Instagram
  • YouTube

© OFM Conventuels Narbonne - Tous droits réservés.

Pourquoi n’irions-nous pas ensemble à la Fontaine.

Le troisième dimanche de Carême est souvent appelé : le dimanche de la Samaritaine. En effet cela correspond à l’étape des catéchumènes sur le chemin de baptême appelée «premier scrutin». Cette expression désigne le regard porté par Dieu en nous pour nous vivifier, c’est aussi le regard que chacun porte sur lui-même. C’est un peu, comme lorsque l’on fait une randonnée. On s’arrête quelques instants pour faire le point, pour savoir on l’on en est.


Cette première étape donc, nous montre cette femme allant puiser de l’eau à une heure tardive (vers midi, donc en pleine chaleur) sans doute pour ne rencontrer personne. Et, alors qu’elle se croit seule, quelqu’un est assis sur la margelle du puits. C’est le Christ. Étant le Seigneur, on pourrait penser qu’il n’a besoin de rien puisqu’il est tout. Et pourtant c’est lui qui demande à boire à cette femme. Visiblement, elle n’est pas disposée à lui répondre par l’affirmative. Et pour cause, il est Juif, et elle est Samaritaine.


Elle se conforme ainsi aux catégories imposées par la société de son époque, elle ne discerne en Jésus que l’homme qui doublement entend la dominer, parce qu’elle est femme et étrangère. Elle s’étonne qu’il lui adresse la parole (cela ne se fait pas) aussi, Jésus lui fait pressentir que sa demande concerne plus que l’eau du puits : il est lui, la vraie source qui donne l’eau vive de la foi. Aussi il lui révèle non seulement qui il est, mais aussi qui elle est, elle. La vérité (celle qu’elle voulait éviter en se rendant si tard au puits) elle la redécouvre dans la rencontre avec Jésus. Cette redécouverte n’est plus celle de la honte et de la culpabilité, mais celle d’une vérité qui libère, celle de la miséricorde de Dieu qui guérit et relève.


C’est ce passage que sont invités à accomplir les catéchumènes durant ce premier scrutin, et avec eux tous les chrétiens.


Il s’agit de discerner quelle est notre vrai soif, celle de la Parole de Dieu qui éclaire notre existence, non comme une loi qui écrase, mais comme une libération intérieure. Cette Parole nous révèle notre propre vérité, ce que nous sommes vraiment. Souvent, cette vérité nous fait peur car nous n’y voyons que la part négative, mais le regard du Christ nous permet de la considérer comme un chance, une capacité de recevoir la grâce. «C’est quand je suis faible, qu’alors je suis fort » dira plus tard St Paul.


C’est une étape initiatique importante que celle de regarder avec courage qui nous sommes vraiment avec les yeux du Christ.


Celui-ci manifeste aussi sa propre soif : celle de notre communion avec lui dans la liberté intérieure. Il a soif de notre soif. «Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif».


La parabole du figuier que nous propose l’évangile de ce dimanche n’a pas d’autre signification. Incapable par lui-même de donner du fruit, il exaspère le vigneron, mais la persévérance de celui-ci sauvera l’arbre de la destruction. Il en prend soin, l’arrose avec l’eau bienfaisante de la Parole et des sacrements, lui révèle sa miséricorde et transforme sa faiblesse en force.


Alors, «Pourquoi n’irions-nous pas ensemble à la fontaine, puisqu’elle peut guérir et même purifier, nous laisserons là-bas, nos blessures et nos peines, ainsi connaîtrons-nous une profonde paix.»


#carême2019 #carême #méditation #frBernardMarieCerles

  • Black Facebook Icon
  • Black Twitter Icon
  • Black Google+ Icon
  • Black YouTube Icon
  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube