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Les pierres crieront

Lorsque Jésus entre à Jérusalem cela semble un triomphe. Mais il sait comment se terminera l'affaire : trahison, abandon, reniement, arrestation, jugement, procès, condamnation et enfin la crucifixion.


Si le Christ accepte cette manifestation lors de son entrée à Jérusalem, c'est pour témoigner de la liberté avec laquelle il s'offre à la Passion. Passion pour son Peuple, Passion qu'il accueille, plus, qu'il subit.


L'entrée de Jésus à Jérusalem ressemble à une entrée royale, messianique : et de fait, elle l'est. Cela, les adversaires de Jésus l'ont bien compris. C'est pourquoi, ils invitent Jésus à la modestie et à la discrétion : pas de bruit, silence! "fais donc taire tes disciples!" lui enjoignent-il.


Tout est en fait une question de sens : l'espoir porté par Jésus déclenche à la fois l'enthousiasme et en même temps une gêne. C'est pourquoi l'espérance dont témoigne la foi chrétienne dérange toujours : ou bien elle est triomphaliste, ou bien irréaliste. "opium" ou force sociale phénoménale, elle donne sens à la destinée humaine. De ce fait, elle est subversive. Privée de sens, la foule peut devenir malléable. A l'inverse, dopée par l'espérance folle d'un Dieu qui lui rend dignité, elle devient trop libre pour se laisser manipuler. "Fais taire tes disciples!" injonction sans cesse reprise.


La réponse de Jésus n'est pas une revendication : "s'ils se taisent, les pierres crieront!". A l'époque de Jésus, les pierres sont l'inverse des rameaux tendus pour l'accueillir dans la ville sainte. Si les gens qui l'acclament les font tomber de leurs mains, ce sera pour ramasser des pierres. Le désespoir et l'humiliation engendrent l'"intifada". La peur et le mépris engendrent la violence. Jésus n'est pas entré à Jérusalem pour déclencher celle-ci mais pour la prendre lui-même en plein cœur pour la désarmer.


Ce que nous vivons en ces temps nous renvoie à cette prophétie désolée du Christ. Aux pierres qui risquent d'exprimer la colère destructrice, il propose les pierres qui bâtissent un temple spirituel : celui d'une "maison commune " selon l'expression du pape François, celle de la paix, du dialogue ; celle ou il fait bon se retrouver, reprendre souffle pour mieux affronter ensemble les rudesses de la vie. Il propose l'édification de la Louange, qui remet debout ceux que l'on met à genoux. Cette louange, en entrant dans cette grande et sainte semaine, nous fait accueillir cette vie toujours renaissante dont nos rameaux sont le signe. Nous pouvons alors acclamer le Christ déjà victorieux : "Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna !"

frère Bernard-Marie Cerles.


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